Mauritanie : un trafiquant de drogue français en cavale

Scandale en Mauritanie. Le président de la Cour d’appel de Nouakchott a été radié et quatre magistrats ont été sanctionnés, après avoir fait libérer des personnes condamnées pour un très important trafic de cocaïne. La Cour suprême a annulé cette décision et ordonné la remise en prison de prévenus. Mais entretemps, trois d’entre eux ont fui : deux Mauritaniens, Mini Ould Soudani et Sid’Ahmed Ould Taya, et un franco-africain, Eric Walter Amegan, au parcours pour le moins surprenant.

Nous sommes en août 2007, à Nouakchott. Les forces de l’ordre interceptent un minibus. A bord : une cargaison de plus de 760 kilos de cocaïne. Rapidement, les enquêteurs procèdent à des arrestations. La justice mauritanienne lance également un mandat d’arrêt international contre un Français, Eric Walter Amegan.

Né à Paris en 1972, tour à tour présenté comme franco-togolais ou franco-congolais, dénommé parfois aussi Eric Mika Walter, Amegan continue pourtant à circuler dans la région avec une aisance étonnante. En septembre 2007, des témoins le croisent à la terrasse d'un restaurant bien connu dans la capitale de Guinée-Bissau, pays clé du trafic de cocaïne à l’époque. Un an plus tard, selon une enquête de la chaîne française Canal +, il est vu attablé au bar du Centre culturel français de Nouakchott, avant de repartir dans une voiture de l’administration mauritanienne, alors même qu’il est recherché par la justice du pays. Un trafiquant interrogé par Canal+ affirme, de surcroît, qu’Eric Walter Amegan loge alors dans un appartement appartenant à un colonel des douanes mauritaniennes.

Amegan est finalement arrêté en décembre 2008, par des gendarmes sénégalais et des policiers français, en compagnie d’un Colombien, dans la zone touristique de la petite côte sénégalaise, où le Français est officiellement agent immobilier dans la station balnéaire de Saly.

Bras long

Immédiatement, les autorités mauritaniennes demandent son extradition. Mais l’homme a manifestement des relations. D’après une source policière française, Francis Spizner, ténor du barreau parisien et avocat de plusieurs dirigeants africains dont Théodore Obiang Nguema et Abdoulaye Wade, intervient auprès de la présidence sénégalaise pour empêcher cette extradition, affirmant qu’Amegan risque la peine de mort en Mauritanie. Le décret d’extradition sera pourtant bien signé le 20 avril 2009 par le chef de l’Etat et le Premier ministre sénégalais.

Le procès s’ouvre début 2010, à Nouakchott. Décidément doté d’un bon carnet d’adresse, Eric Walter Amegan est défendu par deux avocats français bien connus,  Jacques Vergès et Eric Dupond-Moretti. Peine perdue. Il est condamné le 11 février 2010 à 15 ans de prison. Six autres personnes écopent de peines de prison, dont Sid’Ahmed Ould Taya, un commissaire de police, un ancien correspondant d’Interpol en Mauritanie, et l’homme d’affaires Mini Ould Soudani. L’affaire semble alors bel et bien terminée. Pourtant, Amegan bénéficie d’une étonnante mansuétude. Le 15 février 2011, il bénéficie ainsi d'une mesure de grâce présidentielle qui réduit de 15 à 10 ans la condamnation à la réclusion criminelle. Puis le 11 juillet 2011, coup de théâtre, il est acquitté par la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Nouakchott, ainsi que de nombreux co-accusés poursuivis dans le cadre de ce dossier. Il est libéré le lendemain et n’a pas été revu depuis. On aurait pu penser que, comme il le clame depuis son arrestation, Eric Walter Amegan était donc innocent, victime d’une grossière erreur judiciaire. Las ! Début septembre, la Cour suprême annule à son tour la décision et surtout, elle radie le président de la Cour d’appel, laissant entendre que quelque chose ne tourne décidément par rond dans cette affaire où drogue et politique semblent faire bon ménage.

6 Commentaires

Finalement c'est les narco -trafiquants qui font et défaire les chefs d'états en afrique si on ne prend pas garde pauvre afrique

L'affaire des stupefiants en afrique est difficile a dire.Notons pour ce qui concerne son trafic, c'est tout un cercle qui y participe.Meme les decideurs politiques ne sont pas epargnes et pourtant ils sont les premiers a soulever la question devant la communautee internationale.

Mauritanie, Guinée Bissau deux soeurs jumelles. Les gens n'excellent que dans la paresse, le mensonge, le crime, les mauvais moeurs etc... Pas de justice dans ces jungles

décidemment cette pauvre mauritanie est toujours la meme.confronté à des gens qui ne pensent uniquement qu'au fond de leur portefeuille,et qui sont toujours pret à faire tout et n'importe quoi pour s'enrichir.dommage .vraiment.

La France comme beaucoup d'autres pays n'extrade jamais ses nationaux mais dispose de lois extra-territoriales permettant de juger sur son sol ses concitoyens ayant commis crimes et délits sur un sol étranger. Donc ce monsieur sera jugé en France si on l'y arrête. Ou pour trafic international de drogues il encourt la prison à vie ...

Décidément l'argent de la drogue fait toujours la loi en Mauritanie. Attention Danger!!
Malheureusement le mauritanien d'aujourd'hui ne croit qu'aux sous qu'importe sa responsabilité